Fille du célèbre romancier Han Sûngwôn, Han Kang est diplômée de l’université Yonsei de Séoul. Son premier poème est sélectionné en 1993 par la revue Munhaggwa sahoe. Elle s’est rapidement fait un nom dans les lettres après Yôsue sarang (« amour à Yôsu », 1995), à travers des fictions particulièrement tragiques, mais construites et maîtrisées. Si ses sujets restent relativement classiques (recherche des causes d’un traumatisme, abandon, mort, prostitution, viol), elle utilise toute la palette des techniques narratives modernes, à commencer par l’enchâssement : raconter l’histoire de quelqu’un qui raconte l’histoire de quelqu’un qui… C’est le cas de Kômûn sasûm (« cerf noir », 1998) ou de Kûdaeûi ch’agaun son (« tes mains froides », 2002). Proche de Chôn Myônggwan et de Pak Mingyu, deux des jeunes auteurs actuels les plus modernes et les plus originaux mais hors système, elle cultive de l’intérieur une image de renouveau qui pourrait vite se révéler déterminante. En tant que romancière, et malgré son jeune âge, elle développe un regard remarquablement perçant sur l’homme et la vie, bien moins violent que les histoires qu’elle raconte. Dès 1999, elle reçoit le Prix littéraire du roman de Corée et, en 2000, le Prix des jeunes artistes d’aujourd’hui, qui confirme son talent littéraire dans le métier. Han Kang reçoit en 2024 le prix Nobel de littérature « pour la profondeur de sa prose poétique qui s'oppose aux traumatismes de l'histoire et révèle la fragilité de la vie humaine ».
QING TAI